On l’oublie souvent, mais le Bassin parisien est une terre de préhistoire. Les vallées de la Seine, de la Marne, de l’Oise et de l’Yonne ont attiré les hommes dès le Paléolithique, et leurs terrasses de sables et de graviers ont livré des outils taillés par des chasseurs très anciens. Mais ce sont surtout les campements magdaléniens qui ont rendu la région célèbre auprès des préhistoriens du monde entier.
À Étiolles, dans l’Essonne, et à Pincevent, en Seine-et-Marne, des groupes de chasseurs de rennes se sont installés au bord de la Seine il y a environ 15 000 ans. Recouverts rapidement par les limons du fleuve, leurs campements sont restés presque intacts : foyers, amas de silex taillés, ossements disposés autour des huttes. Les fouilles de Pincevent, menées par André Leroi-Gourhan, ont révolutionné la manière de lire le sol d’un habitat préhistorique. Dans le massif de Fontainebleau, les chaos de grès abritent par ailleurs de très nombreux abris gravés, dont une partie remonte à la préhistoire.
Au Néolithique, les premiers agriculteurs défrichent les vallées et construisent de grandes maisons. À la fin de cette période, ils édifient des allées couvertes, sépultures collectives en pierre caractéristiques de la région. À Paris même, les travaux du quartier de Bercy ont mis au jour des pirogues néolithiques, parmi les plus anciennes embarcations connues en Europe.
La région est aussi le siège des grandes collections nationales. Le musée d’Archéologie nationale de Saint-Germain-en-Laye conserve la Dame de Brassempouy dans sa salle Piette, et le musée de l’Homme raconte l’évolution humaine. Pour la préhistoire locale, visitez le musée de Préhistoire d’Île-de-France à Nemours, le site d’Étiolles et le musée Carnavalet, qui expose les pirogues de Bercy.











