Dans l’Allier, la préhistoire tient en un nom devenu mondial : Châtelperron. C’est dans la grotte des Fées, sur cette petite commune du Bourbonnais, que furent reconnus au XIXe siècle des outils d’un type particulier, avec leurs pointes à dos courbe caractéristiques. Ils ont donné leur nom au Châtelperronien, une culture qui marque, il y a un peu plus de quarante mille ans, le passage du Paléolithique moyen au Paléolithique supérieur. Qui en étaient les auteurs, Néandertaliens ou premiers Homo sapiens ? La question reste l’une des plus discutées de la préhistoire européenne, et Châtelperron est cité dans tous les manuels qui l’abordent.

Le département doit cette histoire à ses paysages de transition, entre les plaines de la Sologne bourbonnaise, la vallée de l’Allier et les premiers reliefs de la Montagne bourbonnaise. Les falaises calcaires y sont rares, d’où l’importance des quelques abris et cavités qui ont livré des niveaux anciens. Les périodes plus récentes ont laissé des traces plus discrètes : des occupations néolithiques le long des rivières, des haches polies ramassées dans les champs, des fouilles préventives qui complètent peu à peu la carte. L’Allier abrite aussi Glozel, célèbre surtout pour la longue controverse qui a entouré ses objets, et que les spécialistes ne rattachent pas à la préhistoire classique.

Pour comprendre ce que Châtelperron représente, le plus simple est de s’y rendre. Le Préhistorama de Châtelperron présente le site, les outils qui l’ont rendu célèbre et le débat sur la fin des Néandertaliens, avec des reconstitutions accessibles aux plus jeunes. Le lieu propose aussi des ateliers et animations au Préhistorama : taille du silex, allumage du feu ou fouille simulée, une façon concrète de toucher du doigt cette période charnière. Une belle étape au cœur du Bourbonnais, à combiner avec une promenade dans la campagne alentour.