La Charente occupe une place de choix dans l’histoire de la préhistoire. Ses plateaux calcaires, entaillés par les vallées de la Tardoire, du Bandiat, de la Touvre ou de la Boëme, sont percés de grottes et d’abris sous roche que les chasseurs du Paléolithique ont fréquentés pendant des dizaines de millénaires. Plusieurs noms charentais sont devenus des références pour les spécialistes du monde entier.
Le gisement de La Quina, à Gardes-le-Pontaroux, a donné son nom à un faciès du Moustérien et livré d’importants restes de Néandertaliens. À Vilhonneur, la grotte du Placard a fourni une séquence remarquable du Solutréen et du Magdalénien, et une grotte voisine a révélé en 2005 des mains négatives et des restes humains attribués au Gravettien. Mais la Charente est surtout célèbre pour sa sculpture pariétale : au Roc de Sers, des blocs ornés d’animaux en relief, chevaux, bisons ou bouquetins, ont été dégagés au début du XXe siècle dans un abri solutréen, tandis qu’à Mouthiers-sur-Boëme, une frise de chevaux sculptée par les Magdaléniens orne encore la paroi de la Chaire à Calvin. Ces œuvres comptent parmi les plus belles de l’art en relief paléolithique.
Pour les découvrir, rendez-vous d’abord à la Chaire à Calvin, dans un vallon boisé proche d’Angoulême, puis au Roc de Sers, où le site et ses aménagements permettent d’imaginer la vie de ces sculpteurs d’il y a plus de vingt mille ans. Le musée d’Angoulême complète la visite avec ses collections d’archéologie régionale, qui replacent ces découvertes dans la longue histoire du département, des outils néandertaliens aux premiers villages.


