Dans les Deux-Sèvres, la préhistoire a la forme de grands tertres de pierre. À Bougon, sur un plateau au sud de Saint-Maixent, une nécropole réunit plusieurs tumulus dont les plus anciens ont été édifiés vers le milieu du Ve millénaire avant notre ère. Ils comptent parmi les plus vieux monuments funéraires d’Europe, bien antérieurs aux pyramides d’Égypte. Construits et remaniés pendant près de deux mille ans, ils abritent des chambres collectives où ont reposé de nombreux défunts. Les fouilles menées à partir des années 1970 ont permis d’en comprendre l’architecture, faite de pierres sèches soigneusement montées autour de dalles monumentales.
Ce n’est pas un hasard si le Néolithique a marqué ce territoire. Entre les terres de la Gâtine, le seuil du Poitou et les plaines calcaires du sud, les premiers agriculteurs ont trouvé des sols cultivables et des pierres faciles à extraire. On leur doit d’autres monuments mégalithiques dispersés dans le département, ainsi que des enceintes fossoyées repérées par photographie aérienne dans les plaines. À l’ouest, la bordure du Marais poitevin, alors en grande partie occupée par la mer, offrait d’autres ressources. Les périodes plus anciennes sont moins représentées, faute de grottes, mais des outils paléolithiques ont été recueillis dans les vallées.
Les tumulus de Bougon se visitent librement dans un vaste parc, où l’on peut entrer dans certaines chambres funéraires. À côté, le musée des tumulus de Bougon, installé autour d’un ancien logis, présente les objets découverts et la vie des communautés qui les ont élevés, avec des reconstitutions de maisons et une chambre funéraire grandeur nature. Le site propose également des ateliers et animations pour tous les âges, en particulier autour du transport des mégalithes.


