De la vallée du Rhône aux plateaux du Vercors, en passant par le Diois et les collines de la Drôme provençale, la Drôme a toujours été une terre de passage. Le grand couloir rhodanien a vu circuler les idées, les objets et les populations, et c’est par lui notamment que l’agriculture et l’élevage ont gagné l’intérieur des terres au Néolithique. Les aménagements récents de la vallée, routes, voies ferrées et zones d’activités, ont permis aux archéologues de mettre au jour de nombreux habitats de plein air de cette période.
Le département détient pourtant un trésor moins connu du grand public : le silex du Vercors. Les plateaux calcaires de Vassieux-en-Vercors renferment un silex de grande qualité, que les tailleurs du Néolithique final, il y a quelque quatre mille cinq cents ans, ont exploité à grande échelle. Ils y façonnaient notamment de longues lames, destinées à être échangées. On retrouve ces pièces caractéristiques à des centaines de kilomètres de là, signe que ce plateau d’altitude était relié à de vastes réseaux d’échanges à travers le sud-est de la France et au-delà. Les ateliers de taille, avec leurs milliers d’éclats et de pièces abandonnées en cours de fabrication, offrent une occasion rare d’observer pas à pas le savoir-faire de ces artisans.
C’est précisément sur l’un de ces ateliers qu’a été construit le musée de la Préhistoire de Vassieux-en-Vercors. Les vestiges y sont présentés en place, tels que les archéologues les ont dégagés, et l’exposition explique les étapes de la taille, de l’extraction du bloc à la lame finie. Une visite qui se combine volontiers avec une balade sur les plateaux du Vercors, pour voir de ses yeux les paysages qu’ont parcourus ces tailleurs de pierre.
