L’Essonne doit sa réputation préhistorique à un campement de chasseurs installé au bord de la Seine. À Étiolles, en aval de Corbeil, des fouilles poursuivies depuis les années 1970 ont révélé les traces de groupes magdaléniens venus là, à la fin de la dernière glaciation, il y a environ quatorze ou quinze mille ans. Les préhistoriens y ont retrouvé des foyers, des aires de travail et des zones de débitage d’une rare lisibilité. Le site est surtout célèbre pour ses lames de silex d’une longueur exceptionnelle, obtenues à partir de très gros blocs de silex locaux, qui témoignent d’une maîtrise technique remarquable.

Cette richesse tient à la géographie. Les vallées de la Seine, de l’Essonne et de l’Orge offraient de l’eau, du gibier et du silex en abondance. Les dépôts de limons laissés par les crues ont recouvert les campements sans trop les bouleverser, conservant parfois la disposition exacte des pierres et des éclats. Au sud du département, les chaos de grès qui prolongent le massif de Fontainebleau portent des gravures rupestres, souvent difficiles à dater, que des associations de passionnés recensent et étudient. Les fouilles préventives liées à l’urbanisation de la région parisienne livrent enfin, régulièrement, des habitats néolithiques et protohistoriques.

Pour aller plus loin, notre fiche consacrée au campement magdalénien d’Étiolles présente l’histoire des fouilles, l’organisation du campement et ce que ces vestiges nous apprennent sur la vie quotidienne des derniers chasseurs de rennes du Bassin parisien. Une manière de regarder autrement les berges de la Seine, où se jouait, il y a quinze mille ans, une scène bien différente de celle d’aujourd’hui.