Au pied des Pyrénées centrales, les Hautes-Pyrénées associent hautes vallées, piémont et collines calcaires où se sont formées de nombreuses cavités. À la fin de la dernière glaciation, quand les glaciers recouvraient encore les sommets, ces vallées abritées attiraient les chasseurs du Paléolithique supérieur, qui suivaient les troupeaux de rennes, de chevaux et de bouquetins entre plaine et montagne.
Le département est mondialement connu pour la grotte de Gargas, à Aventignan, près de Saint-Bertrand-de-Comminges. Ses parois portent plus d’une centaine de mains négatives, soufflées à l’ocre ou au noir il y a environ vingt-sept mille ans, au Gravettien. Beaucoup paraissent avoir des doigts incomplets, ce qui nourrit depuis plus d’un siècle des hypothèses variées : mutilations, maladie ou doigts simplement repliés pour former un code. La grotte conserve aussi des gravures d’animaux. Tout près, la grotte de Tibiran présente elle aussi des mains peintes. Non loin, la grotte de Labastide a livré des œuvres du Magdalénien, dont une grande gravure de cheval et des rondelles osseuses décorées. Le département compte en outre des nécropoles de tumulus de la préhistoire récente, notamment sur le plateau de Lannemezan.
Pour découvrir ces mains venues du fond des âges, la grotte de Gargas se visite en petits groupes, dans le respect de sa fragilité. À l’entrée, l’Espace Préhistoire des grottes de Gargas prolonge l’expérience par une présentation numérique et des animations pour comprendre la vie des Gravettiens, leurs techniques de peinture et leur environnement. Une étape incontournable pour qui s’intéresse à l’art pariétal pyrénéen.

