L’Indre-et-Loire a donné au Néolithique européen l’un de ses matériaux les plus recherchés : le silex du Grand-Pressigny. Dans le sud de la Touraine, au confluent de la Claise et de l’Aigronne, affleure un silex blond ou couleur de miel, d’une qualité exceptionnelle. À la fin du Néolithique, vers le IIIe millénaire avant notre ère, des tailleurs spécialisés en tiraient de très longues lames, débitées à partir de gros blocs préparés que l’on surnomme les « livres de beurre » pour leur forme. Ces lames ont circulé sur des centaines de kilomètres, jusqu’en Suisse, en Belgique ou aux Pays-Bas, signe de réseaux d’échange déjà très étendus.

Le département ne se résume pas à cet atelier. Les vallées de la Loire, du Cher, de l’Indre, de la Vienne et de la Creuse, bordées de coteaux de tuffeau, ont été fréquentées dès le Paléolithique, et les terrasses alluviales ont livré des outils très anciens. Le Néolithique a aussi laissé de nombreux dolmens, comme celui dit de la Grotte aux Fées à Mettray, au nord de Tours, l’un des plus élégants de la région. Les fouilles préventives liées aux grands chantiers, autoroutes et lignes ferroviaires, complètent régulièrement la carte des habitats anciens.

Pour découvrir l’histoire du silex pressignien, le musée de Préhistoire du Grand-Pressigny occupe un château dominant la vallée. Ses salles présentent des nucléus, des lames et des outils issus des ateliers, mais aussi les collections paléolithiques et néolithiques de toute la Touraine, avec des démonstrations de taille qui permettent de mesurer le savoir-faire des artisans d’il y a cinq mille ans.