Le Loir-et-Cher n’est pas le département des grandes grottes ornées, mais la préhistoire y a laissé des traces nombreuses et parfois méconnues. Ses plateaux de Beauce et de Sologne, entaillés par les vallées de la Loire, du Cher et du Loir, ont offert aux populations anciennes de l’eau, des terres légères à cultiver et surtout du silex en abondance, extrait des craies et des argiles locales. Les labours et les fouilles préventives livrent régulièrement des outils taillés, des haches polies et des traces d’habitats du Néolithique.

Les monuments mégalithiques en sont les témoins les plus visibles. Plusieurs dolmens et menhirs subsistent dans la campagne, en particulier dans le Vendômois et le long de la vallée du Loir, où les coteaux calcaires sont aussi percés de cavités utilisées à toutes les époques. Ces monuments, souvent isolés au milieu des champs, témoignent des premières communautés d’agriculteurs qui ont façonné ces paysages il y a cinq à six mille ans. Le long de la Loire, les terrasses du fleuve gardent pour leur part des vestiges plus anciens, du Paléolithique, mis au jour à l’occasion de travaux ou de carrières.

Pour aborder cette histoire de manière vivante, l’Archéovillage de Saint-Laurent-Nouan, au bord de la Loire, propose des reconstitutions d’habitats anciens et des ateliers où l’on s’essaie aux techniques d’autrefois : taille, poterie, feu ou tissage. C’est une sortie idéale en famille ou avec une classe, qui donne corps aux objets découverts dans les champs voisins. Elle se prolonge volontiers par une promenade à la recherche des dolmens du département.