La Marne est surtout connue pour sa Champagne crayeuse, mais son sous-sol de craie conserve une préhistoire singulière. Dans la vallée du Petit Morin, au sud d’Épernay, les communautés de la fin du Néolithique ont creusé dans la craie des dizaines de grottes funéraires artificielles, les hypogées, autour de Coizard et de Villevenard. Certaines portent, sculptée sur la paroi de l’antichambre, une figure féminine stylisée que l’on appelle souvent la « déesse des hypogées », avec un collier et parfois des seins en relief. Ces sépultures collectives, utilisées au IIIe millénaire avant notre ère, comptent parmi les ensembles les plus originaux du Néolithique français.
Les marais de Saint-Gond, tout proches, offraient alors des ressources précieuses, et le silex de la craie a été largement exploité. Ailleurs, les grandes vallées de la Marne, de l’Aisne et de la Vesle ont été occupées dès le Paléolithique, et leurs terrasses ont livré des outils anciens. La Marne est aussi réputée pour l’âge du Fer : les nécropoles gauloises, avec leurs tombes à char, ont fait de la Champagne une région clé pour l’étude des Celtes. Les fouilles préventives liées aux grands travaux, de l’autoroute au TGV, ont multiplié les découvertes depuis quarante ans.
À Reims, le musée Saint-Remi, installé dans l’ancienne abbaye royale, présente les collections archéologiques de la région, de la préhistoire à la période gallo-romaine et au haut Moyen Âge. Outils de silex, céramiques, parures et objets gaulois y retracent la longue occupation de ce territoire de craie, dans un écrin architectural remarquable.
