Paris n’est pas seulement la ville des musées : son sous-sol garde aussi les traces d’une préhistoire bien réelle. Les méandres de la Seine, ses îles et ses berges basses ont attiré des groupes humains bien avant la fondation de Lutèce, et les grands chantiers d’aménagement ont permis aux archéologues d’en retrouver les vestiges sous les rues de la capitale.

La découverte la plus spectaculaire a eu lieu à Bercy, au début des années 1990 : un village du Néolithique installé au bord d’un ancien bras de la Seine, avec ses poteries, ses outils et surtout plusieurs pirogues monoxyles, taillées dans des troncs de chêne il y a plus de six mille ans. Ce sont parmi les plus anciennes embarcations connues en Europe. Plus récemment, dans le XVe arrondissement, une fouille de l’Inrap rue Henry-Farman a révélé un campement de chasseurs-cueilleurs du Mésolithique, avec des milliers de silex taillés et des restes de faune, preuve que les rives parisiennes étaient fréquentées dès la fin de la dernière glaciation. Paris est enfin, depuis le XIXe siècle, l’un des berceaux de la préhistoire comme science, grâce au Muséum national d’histoire naturelle et à ses chercheurs.

Pour découvrir ce patrimoine, le musée de l’Homme, place du Trocadéro, retrace l’évolution humaine et présente des pièces majeures de l’art préhistorique. Le musée Carnavalet expose les pirogues de Bercy dans sa section consacrée aux origines de Paris. Au Jardin des Plantes, la Grande galerie de l’évolution et la galerie de Paléontologie et d’Anatomie comparée, avec ses squelettes de mammouths et d’animaux disparus, plantent le décor du monde où vivaient nos ancêtres.