En Savoie, la préhistoire s’est écrite au rythme des glaciers. Pendant la dernière glaciation, les vallées alpines étaient recouvertes de glace, et ce n’est qu’à leur retrait que les humains ont pu s’installer durablement. Avant cela, les massifs préalpins ont surtout abrité des animaux : dans la Chartreuse, la grotte de la Balme à Collomb, à Entremont-le-Vieux, a livré des milliers d’ossements d’ours des cavernes, accumulés pendant des millénaires, sans traces d’occupation humaine importante.
Avec le Néolithique et l’âge du Bronze, les hommes investissent les vallées et les rives des lacs. Sur le lac du Bourget, des villages sur pilotis, dont une partie est inscrite au patrimoine mondial avec les sites palafittiques des Alpes, ont conservé bois, céramiques et outils. En Haute-Maurienne, des agriculteurs et des pasteurs ont occupé dès le Néolithique des abris comme ceux des Balmes, à Sollières-Sardières, et ont laissé sur les roches polies par les glaciers, autour d’Aussois, des gravures : cupules, figures humaines et signes, dont l’interprétation reste en partie mystérieuse. La haute montagne, avec ses cols, était déjà un lieu de passage.
Pour découvrir ce patrimoine, l’espace des gravures rupestres d’Aussois présente les roches gravées et leur contexte, et propose des ateliers et visites guidées pour apprendre à les lire. Non loin, le musée d’archéologie et de préhistoire de Val Cenis expose les objets issus des fouilles de la vallée. En Chartreuse, le musée de l’ours des cavernes raconte la vie et la disparition de ce géant des grottes alpines.



