La Seine-et-Marne compte parmi les départements les plus importants pour la connaissance des derniers chasseurs du Bassin parisien. À Pincevent, sur la commune de La Grande-Paroisse, au bord de la Seine, André Leroi-Gourhan a mis en place à partir de 1964 une méthode de fouille par grands décapages horizontaux qui a fait école. Les campements magdaléniens, installés là il y a environ quinze mille ans par des chasseurs de rennes, y ont été conservés sous les limons des crues avec leurs foyers, leurs déchets de taille et leurs restes de repas, permettant de reconstituer la vie d’un camp presque au jour le jour.
Le sud du département, autour de Fontainebleau et de Nemours, possède une autre richesse : les chaos de grès du massif de Fontainebleau. Ses abris et ses rochers portent plusieurs milliers de gravures rupestres, essentiellement des quadrillages et des motifs géométriques, dont la datation reste souvent difficile, entre le Mésolithique et des périodes plus récentes. Les vallées du Loing, de la Marne et de la Seine ont été occupées de façon continue, et les fouilles préventives y révèlent régulièrement des habitats néolithiques et des nécropoles des âges des métaux.
Pour découvrir ce patrimoine, le musée de Préhistoire d’Île-de-France, à Nemours, est l’étape indispensable. Installé dans un bâtiment ouvert sur la forêt, il présente les collections issues des sites franciliens, de Pincevent aux habitats néolithiques, et restitue l’environnement des chasseurs et des premiers agriculteurs. Une belle introduction avant une promenade dans les rochers de grès de la région.
