La grotte du Tuc d’Audoubert s’ouvre à Montesquieu-Avantès, dans les collines de l’Ariège, là où le petit ruisseau du Volp ressort de terre. C’est la plus longue des trois cavernes du Volp, avec 640 mètres de galeries, dans le prolongement des grottes des Trois-Frères et d’Enlène. Son niveau inférieur est encore parcouru par la rivière souterraine, coupée de deux siphons infranchissables.

Elle est découverte le 20 juillet 1912 par Max, Jacques et Louis Bégouën, les trois fils du comte Henri Bégouën, encore adolescents. Ils remontent la résurgence du Volp sur un radeau de leur fabrication et repèrent les premières gravures. Le préhistorien Émile Cartailhac, ami de la famille, les authentifie aussitôt. Le 10 octobre 1912, avec leur ami François Camel, les trois frères dégagent une étroite chatière et débouchent dans les galeries supérieures. Tout au fond, les attendent les bisons d’argile.

Les deux bisons, longs d’une soixantaine de centimètres, sont modelés dans l’argile de la grotte et adossés à un bloc rocheux, l’un derrière l’autre. Les Magdaléniens les ont façonnés il y a plus de 15 000 ans, au plus profond de la caverne, comme s’ils avaient voulu les cacher. Ils comptent parmi les sculptures les plus célèbres de la préhistoire. Le sol argileux des galeries garde aussi de nombreuses empreintes humaines, que des pisteurs autochtones étudient depuis 2013 aux côtés des chercheurs.

Dès la découverte, la famille Bégouën a fait un choix rare : un seul cheminement, une grotte fermée, des visites réservées aux scientifiques et conduites par un membre de la famille. Plus d’un siècle plus tard, la grotte est toujours intacte. Elle appartient à l’Association Louis Bégouën, qui en assure la conservation et l’étude. De 1992 à 2004, une équipe réunie autour de Robert Bégouën en a mené l’étude complète, publiée en 2009 sous le titre « Le Sanctuaire secret des Bisons ».