La grotte des Trois-Frères s’étend sur 427 mètres sous une colline de Montesquieu-Avantès, en Ariège, dans le prolongement de la grotte d’Enlène. Elle forme avec le Tuc d’Audoubert l’ensemble des cavernes du Volp, creusées par un petit ruisseau et fréquentées surtout au Magdalénien.

Elle doit son nom aux trois fils du comte Henri Bégouën, Max, Jacques et Louis, qui la découvrent en juillet 1914, deux ans après le Tuc d’Audoubert, en poursuivant l’exploration des cavités de la colline. De 1920 à 1938, l’abbé Henri Breuil y relève les gravures à la demande du comte, aidé de quelques élèves et de Louis Bégouën. Ces relevés ont fait connaître la grotte dans le monde entier.

Ses parois portent plus de 1 300 figures gravées et peintes : bisons, chevaux, bouquetins, rennes, chouettes, et des êtres composites, mi-humains mi-animaux. Le plus célèbre est le « Sorcier », un personnage dressé à bois de cervidé, aux grands yeux ronds et à la queue de cheval, dont l’interprétation divise encore les spécialistes. Sur un autre panneau, un homme à tête de bison semble jouer d’un instrument au milieu d’un troupeau.

Au fond de la grotte, la petite Salle du Foyer, aux parois polies par le passage des ours puis finement gravées par les Magdaléniens, a été étudiée de 1985 à 1990. Ces travaux et un siècle de recherches sont réunis depuis 2014 dans la monographie « La Caverne des Trois-Frères ». Comme ses deux voisines, la grotte appartient à l’Association Louis Bégouën et reste fermée au public pour sa conservation.