Bâtons percés, menhir de 280 tonnes couché dans l’herbe, enfants ensevelis sous dix mille perles, cercle de soixante mammouths, crânes transformés en coupes : cinq nouvelles enquêtes rejoignent la rubrique « Mystères non résolus ».

La préhistoire ne se résume pas à ce que l’on sait. Elle est aussi faite d’objets dont personne ne connaît l’usage, de monuments abattus sans qu’on sache par qui, de sépultures dont le faste défie l’explication. Après Bruniquel, les signes géométriques, les mains négatives, les Vénus et la profondeur des grottes ornées, cinq nouvelles enquêtes viennent d’être publiées dans notre rubrique Mystères non résolus.

Un objet ordinaire dont l’usage se dérobe

Des centaines de bois de renne percés d’un trou soigneusement poli, souvent gravés, traversent tout le Paléolithique supérieur. Sceptre de chef, redresseur de sagaies, outil à fabriquer des cordes : on leur a tout prêté, sans jamais trancher. À quoi servaient les bâtons percés ?

Une pierre de 280 tonnes, et personne pour dire comment elle est tombée

À Locmariaquer, le Grand Menhir brisé gît en quatre tronçons. Il appartenait à un alignement de dix-neuf monolithes, démonté par les Néolithiques eux-mêmes, dont les dalles ont été recyclées jusqu’à Gavrinis. Le Grand Menhir brisé : dressé, ou jamais debout ?

Deux enfants, dix mille perles

Il y a 34 000 ans, à Sungir, deux enfants sont inhumés tête-bêche sous un mobilier qui représente des milliers d’heures de travail. L’ADN a montré en 2017 qu’ils n’étaient pas proches parents. Sungir : pourquoi deux enfants sous 10 000 perles d’ivoire ?

Soixante mammouths en cercle

Sur les rives du Don, un anneau de douze mètres et demi bâti avec les os d’un troupeau entier. Habitat d’hiver, réserve de viande, lieu de rassemblement ? Kostienki : que faisait-on dans un cercle de soixante mammouths ?

Des crânes façonnés en coupes

Dans les gorges de Cheddar, des calottes crâniennes ont été transformées en récipients avec une technique répétée, et des os portent des marques de dents humaines. Repas de survie, ou traitement funéraire ? Gough’s Cave : cannibalisme de survie ou rite funéraire ?

Ce que la préhistoire ne nous dit pas en apprend parfois autant que ce qu’elle nous montre.

Ces cinq dossiers ont un point commun : dans chacun, les faits sont solides et abondants ; la fouille est là, les datations sont là, les analyses de laboratoire aussi. C’est l’intention des hommes qui manque. Et c’est bien pour cela qu’on continue de fouiller.