Arme d'hast constituée d'une hampe en bois terminée par une pointe en os, en bois de renne ou en pierre, lancée à la main ou au propulseur. La sagaie était l'arme de chasse principale au Paléolithique supérieur.
Sagaie
Le mot sagaie est venu au français par l’espagnol, qui l’avait emprunté au berbère. Les préhistoriens l’emploient pour désigner surtout la pointe, généralement en bois de renne, en os ou en ivoire, qui armait l’extrémité d’une hampe de bois aujourd’hui disparue.
Ces pointes sont de précieux repères chronologiques. Dans l’Aurignacien, il y a environ 40 000 à 30 000 ans, on trouve des pointes à base fendue, dans lesquelles s’emboîtait la hampe. Au Magdalénien, les pointes à base en biseau, simple ou double, se multiplient. Certaines portent des rainures dans lesquelles on collait, avec de la résine, de petites lamelles de silex tranchantes, pour rendre la blessure plus profonde. Les décors gravés qui couvrent parfois ces pièces ont sans doute un rôle symbolique ou identitaire.
L’idée de lancer une hampe pointue est bien plus ancienne que le Paléolithique supérieur. Les épieux en bois de Schöningen, en Allemagne, comptent parmi les plus anciennes armes de chasse connues, et les Néandertaliens fixaient parfois des pointes de pierre sur leurs lances. Voir à ce sujet les plus vieilles armes du monde.
Avec le propulseur, la sagaie peut être lancée plus loin et plus fort, ce qui change la manière d’approcher le gibier : rennes, chevaux, bisons ou bouquetins. Distinguer une sagaie lancée d’une lance tenue en main reste cependant délicat, et les spécialistes étudient les fractures d’impact pour trancher. Notre dossier la chasse à la Préhistoire en dit plus.