Statuette féminine préhistorique, souvent aux formes généreuses, sculptée dans la pierre, l'os ou l'ivoire au cours du Paléolithique supérieur. Ces figurines, comme la Vénus de Willendorf, sont interprétées comme des symboles liés à la fécondité.
Vénus
L’expression remonte au XIXe siècle. Vers 1864, une statuette féminine sans tête découverte à Laugerie-Basse, en Dordogne, est surnommée la « Vénus impudique », par allusion ironique aux Vénus pudiques de l’art classique. Le nom de la déesse romaine de l’amour est resté, alors que rien ne permet de relier ces objets à une divinité. Beaucoup de chercheurs préfèrent aujourd’hui parler de « statuettes féminines » ou de « figurines ».
La plus ancienne connue, la Vénus du Hohle Fels, en Allemagne, est sculptée dans l’ivoire de mammouth il y a au moins 35 000 ans. La plupart des exemplaires datent cependant du Gravettien. La Vénus de Willendorf, en Autriche, découverte en 1908, est taillée dans un calcaire et rehaussée d’ocre rouge. En France, la Vénus de Lespugue, en ivoire, et la Dame de Brassempouy, petite tête au visage finement détaillé, sont parmi les plus célèbres. Le dossier sur les Vénus paléolithiques présente ces pièces en détail.
Leur interprétation reste ouverte. L’idée d’un culte de la fécondité ou d’une « déesse mère » a longtemps dominé, et l’insistance sur les seins, le ventre et les hanches l’y invite. Mais toutes les statuettes ne montrent pas des femmes enceintes ou corpulentes : certaines sont minces, d’autres schématiques. On a proposé d’y voir des portraits, des amulettes protégeant la grossesse, des représentations de femmes à différents âges de la vie, voire des autoportraits.
La lecture de ces figures dit aussi beaucoup de ceux qui les étudient. Les débats sur un éventuel matriarcat préhistorique montrent combien ces statuettes ont servi de support aux projections de chaque époque.