Grande pierre dressée verticalement et fichée dans le sol par l'homme, isolée ou en alignement. Les menhirs, érigés surtout au Néolithique, avaient probablement des fonctions rituelles ou symboliques.
Menhir
Menhir est un mot breton, formé de maen, « pierre », et hir, « longue ». Comme dolmen, il a été adopté par les érudits des XVIIIᵉ et XIXᵉ siècles, qui y voyaient des monuments celtiques. On sait désormais que la plupart ont été dressés au Néolithique, bien avant les Gaulois, entre le Vᵉ et le IIIᵉ millénaire avant notre ère.
La Bretagne en concentre un nombre exceptionnel. Les alignements de Carnac rassemblent plusieurs milliers de pierres, disposées en files sur près de quatre kilomètres. À Locmariaquer, le grand menhir brisé, long d’une vingtaine de mètres et aujourd’hui couché en quatre morceaux, était le plus grand bloc dressé connu en Europe occidentale. Certains menhirs portent des gravures : haches, crosses, figures difficiles à interpréter. Dans le Rouergue et le Languedoc, les statues-menhirs vont plus loin, avec des visages, des bras et des ornements sculptés.
Dresser une pierre de plusieurs tonnes représentait un chantier collectif : extraction, transport sur rouleaux ou traîneaux, creusement d’une fosse de calage, levage à l’aide de leviers et de cordes. Des expérimentations ont montré que quelques dizaines de personnes bien organisées pouvaient y parvenir. Quant à leur signification, elle reste discutée : bornes territoriales, monuments à la mémoire des ancêtres, repères liés au soleil, ou tout cela à la fois. Les fouilles au pied des menhirs, qui révèlent leurs fosses et parfois des dépôts, apportent des éléments de datation. Pour en savoir plus, lisez notre dossier sur le mégalithisme.