Ensemble des outils et des déchets de taille en pierre issus d'un même site ou d'une même culture. L'étude des industries lithiques est l'une des principales sources de connaissance de la Préhistoire.
Industrie lithique
En préhistoire, le mot « industrie » n’évoque pas des usines : il désigne la production d’un groupe humain, au sens ancien d’habileté ou de savoir-faire. On parle d’industrie lithique pour la pierre, d’industrie osseuse pour l’os, le bois de cervidé et l’ivoire. Une industrie lithique comprend les outils finis, mais aussi les nucléus, les éclats de préparation et les débris : ces déchets sont souvent les plus instructifs.
Longtemps, l’étude a surtout été typologique. Au milieu du XXe siècle, des listes de types d’outils ont été établies pour le Paléolithique inférieur et moyen par François Bordes, puis pour le Paléolithique supérieur par Denise de Sonneville-Bordes et Jean Perrot. En comptant les proportions de chaque type, on pouvait comparer les sites et définir des cultures, souvent nommées d’après un site éponyme : le Moustérien d’après Le Moustier, l’Aurignacien d’après Aurignac.
D’autres approches se sont ajoutées. La technologie reconstitue les gestes et les méthodes de taille. La tracéologie examine au microscope les traces d’usure pour savoir si un outil a coupé de la viande, raclé une peau ou travaillé le bois. La pétrographie identifie l’origine des roches, et donc les déplacements des groupes.
Une prudence s’impose : une industrie n’est pas un peuple. Le Moustérien, par exemple, a été produit par des Néandertaliens en Europe, mais aussi par des Homo sapiens au Proche-Orient. Les outils renseignent sur des traditions techniques, pas directement sur l’identité biologique de ceux qui les ont fabriqués. Le dossier sur les outils de l’Oldowayen au Levallois montre l’évolution de ces traditions.