Lamelle

Petite lame étroite, généralement de moins de douze millimètres de large, souvent transformée en armature de projectile ou insérée dans un manche. Les lamelles caractérisent de nombreuses industries du Paléolithique supérieur.

La lamelle est la petite sœur de la lame : même principe, des bords parallèles et une longueur au moins double de la largeur, mais à échelle réduite. On l’obtient à partir de petits nucléus, parfois de simples grattoirs épais ou burins détournés de leur usage, dont le tailleur détache en série des supports très réguliers. Cette production, appelée débitage lamellaire, demande une grande maîtrise du geste et de la préparation du bloc.

Les lamelles deviennent abondantes au Paléolithique supérieur. Dès l’Aurignacien, de petites lamelles finement retouchées, dites lamelles Dufour, font partie de l’outillage. Au Gravettien et surtout au Magdalénien, les lamelles à dos, dont un bord a été abattu par une retouche abrupte, se comptent par milliers sur certains sites. Ce dos facilitait leur fixation. Au Mésolithique, elles se transforment en microlithes géométriques, triangles et trapèzes, montés sur les flèches.

Leur petite taille cache un rôle essentiel. Les lamelles étaient le plus souvent collées et ligaturées le long de sagaies ou de hampes, formant des tranchants latéraux ou des barbelures. Une arme ainsi équipée pouvait être réparée en remplaçant simplement les éléments cassés. Des sagaies en bois de renne portant une rainure prévue pour accueillir ces armatures, et quelques rares exemplaires retrouvés avec leurs lamelles encore en place, confirment cet usage. Pour les préhistoriens, la forme et la retouche des lamelles sont aussi des marqueurs précieux pour distinguer les cultures et leurs subdivisions. Leur fouille impose le tamisage fin des sédiments, faute de quoi elles passent inaperçues.

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