Domestication

Transformation progressive, par sélection humaine, d'espèces sauvages animales ou végétales en formes adaptées aux besoins des sociétés. La domestication des céréales et du bétail est au cœur de la révolution néolithique.

La domestication n’est pas un événement mais un long processus, étalé sur des siècles, voire des millénaires. En semant année après année les graines des plantes les plus commodes, ou en gardant les animaux les plus dociles, les humains ont modifié sans le vouloir leur hérédité. Les archéologues repèrent ce « syndrome de domestication » sur les vestiges : épis de céréales qui ne s’égrènent plus seuls et attendent la récolte, graines plus grosses, animaux plus petits que leurs ancêtres sauvages.

Le premier animal domestiqué est le chien, issu du loup, et il l’a été par des chasseurs-cueilleurs, bien avant l’agriculture ; la date exacte reste débattue mais remonte au moins à 15 000 ans. Au Proche-Orient, dans le Croissant fertile, apparaissent il y a environ 11 000 ans le blé, l’orge, les lentilles, puis la chèvre, le mouton, le porc, dérivé du sanglier, et le bœuf, descendant de l’aurochs.

D’autres foyers ont suivi des trajectoires indépendantes : le riz et le millet en Chine, le maïs au Mexique à partir d’une graminée sauvage, la téosinte, la pomme de terre et le lama dans les Andes. Cette multiplicité montre que l’agriculture n’a pas été inventée une seule fois puis diffusée, mais réinventée plusieurs fois.

La génétique permet aujourd’hui de suivre ces histoires : elle révèle des croisements répétés avec les formes sauvages et des itinéraires de diffusion parfois surprenants. Notre dossier sur la domestication des animaux et des plantes raconte ces étapes en détail.

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