Signe géométrique de l'art pariétal évoquant une structure en forme de toit ou de hutte, dont la signification demeure inconnue. Les tectiformes sont particulièrement fréquents dans certaines grottes du Périgord.
Tectiforme
Le mot, formé sur le latin tectum, « toit », a été proposé au début du XXe siècle par l’abbé Breuil, qui voyait dans ces signes des représentations de cabanes. Ils prennent souvent la forme d’un triangle ou d’un pentagone surmonté d’une sorte de faîte, avec une ligne verticale au centre et parfois des traits partant des côtés.
Les tectiformes sont surtout connus dans quelques grottes ornées magdaléniennes de la région des Eyzies, en Dordogne : Font-de-Gaume, Les Combarelles, Bernifal ou Rouffignac. Ils y sont peints ou gravés, parfois superposés à des animaux, notamment des mammouths et des bisons. Leur répartition, concentrée sur un petit territoire, est en elle-même une information.
Leur signification reste inconnue, et plusieurs lectures ont été proposées. Celle de Breuil, des huttes ou des abris, est la plus ancienne. D’autres y ont vu des pièges, des enclos ou des esprits. André Leroi-Gourhan, qui cherchait une organisation d’ensemble dans l’art des grottes, les rangeait parmi les signes qu’il qualifiait de « féminins ». Aujourd’hui, beaucoup de spécialistes préfèrent une hypothèse plus prudente : un signe propre à un groupe humain, une sorte de marqueur d’identité partagé par des communautés voisines.
Cette question rejoint un débat plus large sur les signes abstraits de l’art paléolithique, bien plus nombreux que les animaux dans certaines grottes, mais longtemps négligés. Notre dossier sur les signes géométriques examine si ces symboles pouvaient former un système de communication, sans aller jusqu’à parler d’écriture.