Outil de pierre taillée muni d'une pointe fine et robuste servant à percer la peau, l'os, la coquille ou le bois. Le perçoir était indispensable à la fabrication de vêtements cousus et de parures.
Perçoir
Le perçoir se fabrique simplement : sur un éclat ou une lame, le tailleur dégage par deux retouches convergentes une pointe courte et épaisse, assez solide pour supporter la rotation. Les préhistoriens distinguent plusieurs variantes : le bec, à pointe courte souvent décalée, et la mèche, longue et étroite, fréquente au Paléolithique supérieur. Certaines pièces combinent un perçoir à une autre partie active, comme un grattoir ou un burin, sur le même support.
Au microscope, la pointe garde souvent la trace de son usage : arêtes émoussées, petites ébréchures disposées en spirale, poli caractéristique de la matière travaillée. Ces indices permettent de distinguer un perçoir employé sur une peau tendre d’un autre utilisé sur l’os ou la coquille. Les expériences montrent qu’un trou dans une dent ou un coquillage s’obtient souvent en perçant par les deux faces, ce qui donne une perforation en forme de sablier, reconnaissable sur de nombreuses perles anciennes.
Cet outil modeste est au cœur de deux grandes inventions. Il permet de percer coquillages, dents de renard ou de cerf et perles d’ivoire, éléments essentiels des parures et ornements du Paléolithique supérieur. Il servait aussi à préparer les peaux à assembler, avant que l’aiguille à chas ne se généralise : coudre des vêtements ajustés était indispensable pour affronter les hivers glaciaires, comme le montre le dossier sur l’art de se vêtir de peaux et de fourrures.
Au Néolithique, les forets de silex montés sur un archet servent à percer en série des perles de pierre, de coquille ou de calcaire.