Technique de débitage préparé typique du Paléolithique moyen.
Levallois
La méthode Levallois marque une étape clé dans l’histoire des techniques : au lieu de tailler au hasard, l’artisan prépare longuement le nucléus pour prédéterminer la forme de l’éclat qu’il détachera. Ce « débitage préparé » révèle une remarquable capacité d’anticipation et de représentation mentale.
Son nom vient de Levallois-Perret, près de Paris, où des éclats de ce type ont été recueillis au XIXe siècle dans les sablières. Pendant longtemps, les préhistoriens ont surtout décrit les produits : grands éclats ovales, pointes triangulaires, lames. On a ensuite compris qu’il s’agissait d’un véritable concept, applicable de plusieurs façons. Le tailleur peut détacher un seul grand éclat « préférentiel » par surface préparée, ou bien une série d’éclats successifs selon une méthode dite récurrente.
On reconnaît souvent un éclat Levallois à sa face supérieure couverte de négatifs d’enlèvements convergents, et à son talon facetté, trace de la préparation soignée du point de frappe. Les plus anciens témoignages remontent à environ 300 000 ans, peut-être un peu plus en Afrique, et la méthode se diffuse largement au Paléolithique moyen.
Elle est très souvent associée au Moustérien des Néandertaliens d’Europe, mais elle n’est pas leur exclusivité : les premiers Homo sapiens d’Afrique et du Proche-Orient l’employaient aussi. C’est pourquoi un outil Levallois, à lui seul, ne suffit pas à identifier son auteur. Notre dossier de l’Oldowayen au Levallois replace cette méthode dans la longue histoire des outils.