Ocre

Terre naturelle riche en oxydes de fer, de teinte jaune à rouge, employée depuis très longtemps comme pigment pour peindre, décorer les corps ou traiter les peaux. La présence d'ocre sur des sites anciens est un indice de comportements symboliques.

L’ocre n’est pas un minéral unique mais un mélange d’argile et d’oxydes de fer. Sa couleur dépend surtout de leur nature : l’hématite donne des rouges, la goethite des jaunes et des bruns. Les humains de la préhistoire avaient remarqué qu’en chauffant une ocre jaune, on la transforme en ocre rouge, une connaissance qui semble avoir été mise à profit dans certains sites. Réduite en poudre, mélangée à de l’eau ou à des liants, elle devient une peinture d’une grande stabilité, ce qui explique qu’elle ait traversé les millénaires sur les parois des grottes.

Son usage remonte très loin. En Afrique, des fragments d’ocre travaillés apparaissent il y a plusieurs centaines de milliers d’années, et en Europe, des Néandertaliens en ont également utilisé. Dans la grotte de Blombos, en Afrique du Sud, on a retrouvé des blocs d’ocre gravés vers 75 000 ans et, dans des niveaux plus anciens, de véritables trousses de préparation conservées dans des coquilles d’ormeau.

L’ocre servait-elle seulement à des fins symboliques ? Le débat reste ouvert. Elle entre aussi dans la composition de colles pour fixer les outils sur leur manche, peut aider à conserver les peaux et protéger du soleil ou des insectes. Mais sa présence dans des sépultures, saupoudrée sur les corps, comme dans celle de la Dame rouge d’El Mirón en Espagne, dépasse clairement l’utilitaire. Le dossier sur les couleurs de la préhistoire en explore toutes les facettes.

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