Biface

Outil de pierre taillé sur deux faces, en forme d’amande.

Le mot « biface » s’est imposé au XXe siècle. Auparavant, on parlait volontiers de « coup-de-poing », car on imaginait l’outil tenu directement dans la main fermée, ou de « hache », terme employé par les pionniers de la vallée de la Somme. Aujourd’hui, les préhistoriens parlent de façonnage : on ne détache pas un support d’un bloc, on sculpte le bloc lui-même par enlèvements successifs sur ses deux faces.

La fabrication suit des étapes reconnaissables. Le tailleur dégrossit d’abord la pièce au percuteur dur, un galet, puis l’amincit et régularise ses bords avec un percuteur tendre en bois de cervidé ou en os. Les formes varient : bifaces en amande, en cœur, lancéolés, à base épaisse ou entièrement aménagés. Leur taille va de quelques centimètres à plus de trente.

Les analyses de traces d’usure et les expériences de boucherie confirment que le biface tranchait efficacement la viande et la peau, mais servait aussi à travailler le bois ou à fouiller le sol. Sur le site anglais de Boxgrove, daté d’environ 500 000 ans, des bifaces ont été retrouvés avec les restes d’un cheval découpé sur place, et même les éclats de leur fabrication.

Le biface traverse une immense durée : apparu avec l’Acheuléen il y a environ 1,7 million d’années en Afrique, il est encore fabriqué par les Néandertaliens dans certains faciès du Moustérien. Sa symétrie parfois poussée au-delà de l’utile nourrit un débat : simple efficacité, savoir-faire transmis, ou goût de la belle forme ? Le dossier des outils de l’Oldowayen au Levallois replace cet outil dans la longue histoire des techniques.

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