Méthode qui estime l'âge d'un reste organique en mesurant la décroissance d'un isotope radioactif du carbone accumulé de son vivant. Elle est efficace jusqu'à environ 50 000 ans et a révolutionné la chronologie préhistorique.
Datation au carbone 14
La méthode a été mise au point à la fin des années 1940 par le chimiste américain Willard Libby, récompensé par le prix Nobel de chimie en 1960. Son principe : tout être vivant absorbe du carbone, dont une infime partie est radioactive, le carbone 14. À sa mort, ce stock n’est plus renouvelé et diminue de moitié environ tous les 5 700 ans. Mesurer ce qui reste revient à lire une horloge.
Elle ne s’applique qu’à la matière organique : charbon de bois, os (à condition que le collagène soit conservé), coquilles, graines, bois, cuir. Une pierre taillée ne se date pas directement ; on date les restes de foyers ou d’animaux trouvés dans la même couche. Depuis les années 1980, la spectrométrie de masse par accélérateur permet de travailler sur quelques milligrammes seulement. On a pu ainsi dater les dessins au charbon de la grotte Chauvet, réalisés pour les plus anciens il y a environ 36 000 ans (voir notre dossier sur Chauvet).
Un résultat brut doit être corrigé, ou « calibré », car la quantité de carbone 14 dans l’atmosphère a varié au fil du temps. Les cernes des arbres, les coraux et les sédiments lacustres servent à établir des courbes de référence régulièrement améliorées. C’est pourquoi les publications distinguent les âges « BP » bruts des âges calibrés.
Au-delà de 40 000 à 50 000 ans, il reste trop peu de carbone 14 et la moindre contamination fausse le résultat. C’est précisément l’époque de la disparition de Néandertal, ce qui explique bien des débats. Pour les périodes plus anciennes, on recourt à d’autres méthodes, comme la luminescence ou l’uranium-thorium.