Prognathisme

Projection vers l'avant de la partie inférieure du visage, en particulier des mâchoires. Marqué chez de nombreux homininés anciens, le prognathisme s'atténue au fil de l'évolution vers l'homme moderne, au visage plus plat.

Le mot vient du grec gnathos, « mâchoire », précédé de pro, « en avant ». Les anatomistes distinguent plusieurs formes : le prognathisme alvéolaire, qui touche la zone des dents, et le prognathisme facial, qui concerne l’ensemble du bas du visage. Les chimpanzés et les gorilles sont très prognathes, avec un museau marqué. Chez les australopithèques, comme Australopithecus afarensis, le bas du visage avance encore nettement.

Au cours de l’évolution du genre Homo, le visage tend à se redresser. Cette tendance va de pair avec la réduction de la taille des dents et des mâchoires, que l’on relie souvent à des changements d’alimentation, à l’usage des outils pour découper la nourriture et à la cuisson, qui rendent la mastication moins exigeante. Chez Homo sapiens, le visage devient presque vertical, logé sous la boîte crânienne, avec un menton saillant, trait qui lui est propre.

Les Néandertaliens présentent un cas particulier : leur visage avance surtout dans sa partie médiane, autour du nez, avec un espace vide derrière la dernière molaire. Ce prognathisme dit médio-facial fait partie de leurs traits distinctifs. Une mise en garde s’impose aussi sur l’histoire du mot. Au XIXᵉ siècle, des anthropologues ont mesuré « l’angle facial » pour classer les populations humaines actuelles selon une prétendue hiérarchie. Ces travaux, aujourd’hui discrédités, n’ont rien à voir avec l’usage actuel : en paléoanthropologie, le prognathisme est un simple caractère anatomique, utile pour comparer des fossiles et des espèces.

Autres termes
Partager cet article
Partager
← Tout le glossaire