Processus historique de passage d'un mode de vie de chasseurs-cueilleurs à des sociétés agricoles et sédentaires, avec la domestication des plantes et des animaux. La néolithisation s'est produite indépendamment dans plusieurs régions du monde.
Néolithisation
Dans les années 1930, l’archéologue Vere Gordon Childe parlait de « révolution néolithique ». Le terme de néolithisation, plus récent, insiste sur la durée : le passage à l’agriculture s’est fait sur des millénaires, par étapes, avec des retours en arrière. Au Proche-Orient, des villages sédentaires de chasseurs-cueilleurs précèdent les premières plantes cultivées, et des sanctuaires monumentaux comme Göbekli Tepe sont édifiés avant les premiers animaux domestiques. L’archéologue Jacques Cauvin y voyait une « révolution des symboles » précédant la révolution économique.
Plusieurs foyers indépendants sont reconnus : le Croissant fertile vers 11 000 ans, la Chine, la Mésoamérique, les Andes, la Nouvelle-Guinée, une partie de l’Afrique. Partout, la transition suit sa propre logique, avec ses propres plantes et animaux.
En Europe, le Néolithique arrive depuis l’Anatolie et la Grèce, puis progresse par deux grandes voies : le long du Danube vers l’Europe centrale et le Bassin parisien, et le long des côtes de la Méditerranée. Il atteint le territoire de la France au VIe millénaire avant notre ère.
Une question a longtemps divisé les chercheurs : les idées ont-elles voyagé seules, adoptées par les chasseurs-cueilleurs locaux, ou ce sont des populations d’agriculteurs qui se sont déplacées ? La paléogénétique a largement tranché pour l’Europe : de nouvelles populations venues d’Anatolie ont bien migré, tout en se mêlant progressivement aux groupes en place. Reste à juger ce que cette transition a apporté, comme le discute notre dossier l’agriculture, progrès ou piège ?