Épais renflement osseux situé au-dessus des orbites, formant une arcade continue au-dessus des yeux. Très développé chez les Néandertaliens et d'autres homininés archaïques, il est réduit chez l'homme moderne.
Bourrelet sus-orbitaire
Les anatomistes l’appellent aussi torus sus-orbitaire. Chez Homo erectus comme chez les Néandertaliens, il forme une barre osseuse continue qui surplombe les deux yeux, prolongée vers l’arrière par un front bas et fuyant. Chez Homo sapiens, on parle plutôt d’arcades sourcilières : deux reliefs séparés, plus discrets, sous un front haut et vertical.
C’est ce trait qui a frappé les savants lorsqu’on a découvert, en 1856, la calotte crânienne de la vallée de Neander, en Allemagne. Ses arcades massives semblaient si étranges que certains y virent un individu malade ou difforme plutôt qu’une autre humanité (voir notre dossier sur la découverte de Néandertal). Chez l’Homme de Néandertal, le bourrelet dessine deux arcs arrondis au-dessus de chaque orbite, un caractère que les paléoanthropologues utilisent pour attribuer des fragments de crâne.
À quoi servait-il ? La question reste débattue. Une hypothèse ancienne y voit un renfort contre les fortes contraintes de la mastication. Une autre l’explique par l’architecture du crâne : quand la face est projetée en avant d’une boîte crânienne basse, l’os se renforce à leur jonction. D’autres chercheurs ont proposé un rôle dans la communication, le front lisse des hommes modernes laissant plus de liberté aux mouvements des sourcils.
Le caractère varie aussi au sein de notre espèce : les premiers Homo sapiens, comme ceux de Jebel Irhoud au Maroc, avaient des arcades encore marquées, et elles restent en moyenne plus fortes chez les hommes que chez les femmes.