Poterie

Récipient en argile cuite, dont l'apparition, souvent liée au Néolithique, permet de stocker, cuire et transporter les aliments. Les formes et décors des poteries sont des marqueurs culturels précieux pour les archéologues.

Contrairement à une idée reçue, la poterie n’a pas été inventée par des agriculteurs. Les plus anciens récipients en terre cuite connus ont été fabriqués par des chasseurs-cueilleurs d’Asie orientale : vers 20 000 ans en Chine, à Xianrendong, puis au Japon, où la tradition Jōmon commence il y a environ 16 000 ans. À l’inverse, les premiers villages agricoles du Proche-Orient ont longtemps vécu sans poterie : les archéologues parlent de Néolithique précéramique. La céramique ne s’y répand que vers 7 000 avant notre ère.

En Europe, elle arrive avec les premiers paysans. Deux grands courants se distinguent : le long de la Méditerranée, une céramique décorée par impression, souvent avec le bord d’un coquillage, le cardium, d’où son nom de Cardial ; en Europe centrale, une céramique ornée de bandes incisées, dite rubanée. Plus tard, les gobelets du Campaniforme se diffusent à travers une grande partie du continent.

Les poteries préhistoriques sont montées à la main, souvent par colombins superposés puis lissés, et cuites dans des fosses ou en meules, à des températures assez basses. Le tour de potier n’apparaît que bien plus tard. Le dossier une journée avec une potière du Néolithique fait revivre ces gestes.

Pour l’archéologue, un tesson est précieux. Il se conserve presque indéfiniment, ses formes et ses décors permettent de dater une couche et de l’attribuer à une culture, et l’analyse des graisses absorbées par l’argile révèle ce qu’on y cuisait, jusqu’aux premières traces de produits laitiers au Néolithique.

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