Processus par lequel des groupes humains cessent de se déplacer pour s'installer durablement en un même lieu, souvent lié à l'agriculture. La sédentarisation transforme profondément l'organisation sociale au Néolithique.
Sédentarisation
On associe spontanément la sédentarisation à l’agriculture, mais l’archéologie montre que les deux ne vont pas toujours ensemble. Au Proche-Orient, les Natoufiens, il y a environ 15 000 à 11 500 ans, construisent déjà des maisons rondes en pierre et vivent une bonne partie de l’année au même endroit, alors qu’ils sont encore chasseurs-cueilleurs. Ils récoltent les céréales sauvages, et l’on a retrouvé chez eux les traces d’un pain cuit bien avant les premiers champs (voir le pain d’avant les champs).
D’autres exemples confirment ce décalage. Au Japon, les populations de la culture Jōmon fabriquent des poteries et vivent dans des villages durables pendant des millénaires, grâce à la pêche, aux coquillages et aux fruits de la forêt. Sur la côte nord-ouest de l’Amérique, les pêcheurs de saumon étaient eux aussi largement sédentaires.
Au Néolithique, la vie au même endroit se généralise et ses conséquences s’enchaînent. On peut stocker des réserves, et donc posséder davantage. Les naissances se rapprochent, la population augmente. Des villages comme Jéricho ou Çatal Höyük, en Anatolie, rassemblent des centaines, voire des milliers d’habitants. Mais la promiscuité favorise aussi les maladies, les animaux commensaux comme la souris s’installent dans les maisons, et les inégalités entre familles deviennent plus visibles.
Les préhistoriens repèrent la sédentarité grâce à des indices concrets : constructions solides, réfections des sols, silos, restes d’animaux ou de plantes de toutes les saisons. Ce changement de mode de vie fait toujours débat quant à ses bienfaits, comme le montre notre dossier l’agriculture, progrès ou piège ?