Dendrochronologie

Méthode de datation fondée sur le comptage et la comparaison des cernes de croissance annuels des arbres. Elle offre une précision à l'année et sert aussi à étalonner d'autres méthodes de datation.

La dendrochronologie (du grec dendron, « arbre », et chronos, « temps ») a été mise au point au début du XXᵉ siècle par l’astronome américain Andrew Ellicott Douglass, qui étudiait le lien entre l’activité du Soleil et le climat à travers les cernes des pins de l’Arizona. Chaque année, un arbre des régions tempérées ajoute un anneau de bois dont l’épaisseur dépend du temps qu’il a fait : une année sèche donne un cerne fin, une année favorable un cerne large.

La succession de cernes larges et fins forme une sorte de code-barres propre à une région et à une période. En raccordant des bois de plus en plus anciens, poutres de maisons, pieux de fondation, troncs conservés dans les tourbières ou les graviers des rivières, les chercheurs ont construit des courbes de référence continues. En Europe centrale, celles-ci remontent sans interruption sur plus de 12 000 ans.

Pour la préhistoire, la méthode est précieuse dans les sites où le bois s’est conservé dans l’eau, comme les villages lacustres du Néolithique et de l’âge du Bronze autour des lacs alpins. On y date l’abattage des arbres à l’année près, et l’on suit parfois la construction, l’agrandissement et l’abandon d’un village sur quelques décennies. Son second rôle est plus discret mais essentiel : les cernes, datés avec certitude, servent à calibrer les dates obtenues par le carbone 14. Ses limites sont claires : il faut du bois bien conservé, une courbe régionale de référence, et elle ne remonte pas jusqu’au Paléolithique.

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