Membre d'une société qui se nourrit en chassant, en pêchant et en récoltant des ressources sauvages, sans pratiquer l'agriculture ni l'élevage. Ce mode de vie a été celui de l'humanité pendant l'essentiel de son histoire.
Chasseur-cueilleur
Pendant l’immense majorité de son histoire, l’humanité a vécu sans champs ni troupeaux. Les chasseurs-cueilleurs se déplaçaient au fil des saisons, suivant la maturation des plantes, les migrations du gibier ou la remontée des poissons. Leur force tenait à une connaissance très fine de leur territoire : où trouver le bon silex, quelle baie se mange, où passent les troupeaux de rennes à l’automne.
L’archéologie en garde des traces précises. Les Magdaléniens d’Europe occidentale chassaient le renne et le cheval, pêchaient le saumon et organisaient leurs campements selon les saisons. Au Mésolithique, après la fin de la dernière glaciation, les groupes exploitent les forêts, les rivières et les rivages, et laissent d’énormes amas de coquillages. Pour interpréter ces vestiges, les préhistoriens s’appuient prudemment sur l’ethnographie de peuples récents, comme les San du Kalahari, les Inuit ou les Aborigènes d’Australie, sans jamais en faire des copies du passé.
L’expression elle-même prête à discussion. Mettre la chasse en premier surestime souvent sa place : dans bien des sociétés, les végétaux, les petits animaux et les coquillages fournissent l’essentiel de la nourriture. La répartition des tâches entre hommes et femmes est aussi réexaminée, comme le montre notre dossier sur les femmes chasseuses. Enfin, tous n’étaient pas nomades : certains groupes riches en ressources, comme les Natoufiens du Proche-Orient ou les pêcheurs de la côte nord-ouest de l’Amérique, vivaient dans des villages permanents. Dans les années 1960, l’anthropologue Marshall Sahlins a même décrit ces sociétés comme des « sociétés d’abondance », thèse encore discutée.