Tracéologie

Étude au microscope des micro-usures et des traces laissées sur les outils par leur utilisation, afin d'en déterminer la fonction. La tracéologie révèle si un outil a servi à couper de la viande, travailler le bois ou racler une peau.

La tracéologie est née en Union soviétique, autour des travaux de Sergueï Semenov, dont l’ouvrage sur la technologie préhistorique, publié en 1957 puis traduit en anglais, a fait connaître la méthode dans le monde entier. Son principe est que tout outil utilisé s’use, et que l’usure dépend du geste et de la matière travaillée.

Les spécialistes travaillent à deux échelles. À la loupe, ils repèrent les petites ébréchures et les émoussés du tranchant, qui indiquent le mouvement : coupe, raclage, perçage. Au microscope, à plus fort grossissement, ils observent les polis, ces zones lustrées qui diffèrent selon que l’outil a servi sur de la viande, du bois, de l’os, des plantes ou de la peau. Pour lire ces traces, il faut des références : les tracéologues fabriquent des répliques en pierre, les utilisent sur des matières connues, puis comparent. On complète souvent par l’analyse des résidus, comme le sang, l’amidon ou les fibres restés coincés sur l’outil.

Les résultats changent parfois l’image d’un objet. Des racloirs néandertaliens se révèlent avoir travaillé le bois ou les peaux, ce qui éclaire le dossier Se vêtir de peaux et de fourrures. Au Néolithique, les lames de faucille portent un lustre caractéristique, parfois visible à l’œil nu, laissé par la coupe des céréales, un témoin direct de la domestication des plantes. La méthode a ses limites : les altérations survenues dans le sol peuvent effacer ou imiter des traces, et une partie des outils ne livre aucun résultat lisible.

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