Culture du Paléolithique supérieur d'Europe occidentale célèbre pour ses pointes foliacées finement taillées par pression, dites « feuilles de laurier ». Elle correspond au maximum glaciaire, vers 24 000 à 20 000 ans avant le présent.
Solutréen
Le Solutréen tire son nom de la roche de Solutré, en Saône-et-Loire, où il a été défini au XIXᵉ siècle. Il s’est développé surtout en France, du Sud-Ouest à la vallée du Rhône, ainsi que dans la péninsule Ibérique. Il se place entre le Gravettien et le Magdalénien, à un moment où le froid du dernier maximum glaciaire rendait une grande partie de l’Europe du Nord inhabitable, comme le rappelle le dossier sur le climat et les glaciations.
Ses tailleurs sont célèbres pour leurs feuilles de laurier, pointes minces et symétriques parfois longues de plus de vingt centimètres, si fragiles que certaines n’ont sans doute jamais servi d’armes. Ils façonnaient aussi des feuilles de saule, des pointes à cran et pratiquaient couramment le chauffage du silex pour faciliter la retouche. C’est également de cette époque que datent parmi les plus anciennes aiguilles à chas d’Europe, signe d’une couture fine des vêtements.
L’art solutréen est moins connu que celui de Lascaux, mais il compte des pièces remarquables, comme les blocs sculptés en bas-relief du Roc-de-Sers, en Charente. Quant à Solutré, la légende des chevaux poussés du haut de la falaise a fait long feu : les restes accumulés au pied de la roche résultent de chasses répétées, comme l’explique le dossier Solutré, les chevaux qu’on n’a jamais précipités. Une hypothèse ancienne voyait dans les Solutréens les ancêtres des chasseurs de Clovis en Amérique ; elle est rejetée par la grande majorité des chercheurs, la génétique ne la soutenant pas.