Motif d'art pariétal obtenu en plaquant la main contre la paroi et en projetant du pigment autour, si bien que la silhouette apparaît en réserve. Ces mains ornent de nombreuses grottes ornées à travers le monde.
Main négative
Pour obtenir une main négative, l’artiste appliquait sa main, souvent la gauche, contre la roche, puis projetait autour du pigment, ocre rouge ou noir de manganèse ou de charbon. La couleur était le plus souvent soufflée directement par la bouche ou à travers un tube, une technique que des expérimentations ont reproduite avec succès. À l’inverse, la main positive est obtenue en enduisant la paume de couleur et en l’imprimant sur la paroi.
Le motif est présent sur presque tous les continents et à des époques très éloignées. En Indonésie, une main négative des grottes de Maros-Pangkep a été datée d’au moins 40 000 ans environ. En Europe, on en connaît à Chauvet, à Gargas, à El Castillo ou dans la grotte Cosquer. En Patagonie, la Cueva de las Manos en rassemble des centaines, réalisées sur plusieurs millénaires bien plus récents.
Ces mains posent de nombreuses questions. À Gargas et à Cosquer, beaucoup semblent avoir des doigts incomplets : s’agit-il de mutilations, de maladies, ou plus probablement de doigts repliés selon un code ? On a aussi cherché à savoir qui les avait laissées en comparant la longueur relative des doigts, et plusieurs études suggèrent qu’une part importante des mains serait féminine, mais la méthode reste discutée. Enfin, certaines mains ont été attribuées aux Néandertaliens en Espagne, une datation encore contestée. Toutes rappellent, de façon saisissante, la présence physique de leurs auteurs devant la paroi.