Encéphalisation

Augmentation, au cours de l'évolution, de la taille du cerveau relativement à celle du corps. Chez les homininés, l'encéphalisation s'accélère avec le genre Homo et accompagne le développement des cultures.

Il ne suffit pas de comparer des volumes de cerveau : un éléphant a un cerveau bien plus gros que le nôtre. Les biologistes rapportent donc la taille du cerveau à celle du corps, par exemple au moyen d’un « quotient d’encéphalisation ». Chez les humains, ce rapport est exceptionnellement élevé.

Les fossiles permettent de suivre cette évolution, en mesurant la capacité de la boîte crânienne. Les australopithèques avaient un cerveau d’environ 400 à 500 cm³. Avec Homo habilis, il dépasse légèrement 600 cm³. Homo erectus voit sa capacité passer d’environ 800 à plus de 1 000 cm³ au fil de sa longue histoire. Les Néandertaliens et les Homo sapiens atteignent en moyenne 1 300 à 1 500 cm³, les Néandertaliens ayant même un cerveau un peu plus volumineux que le nôtre.

Ce gros cerveau coûte cher : chez l’homme actuel, il représente environ 2 % du poids du corps mais consomme près d’un cinquième de l’énergie. Pour expliquer son essor, les chercheurs avancent une alimentation plus riche en viande et en graisses, la cuisson des aliments, qui facilite la digestion (voir la conquête du feu), ou encore la complexité croissante de la vie sociale. Ces facteurs ont sans doute agi ensemble.

Une nuance importante : la taille ne fait pas tout. Homo floresiensis, l’humain de Florès, avait un cerveau d’environ 400 cm³ et taillait pourtant des outils. L’organisation interne du cerveau, que l’on étudie sur les moulages de l’intérieur des crânes, compte autant que son volume.

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