Culture de transition du début du Paléolithique supérieur en France et dans le nord de l'Espagne, marquée par des couteaux à dos courbe et parfois attribuée aux derniers Néandertaliens. Elle date d'environ 45 000 à 40 000 ans avant le présent.
Châtelperronien
Le nom vient de la grotte des Fées, à Châtelperron, dans l’Allier, fouillée dès le XIXe siècle. L’objet emblématique est la pointe de Châtelperron : une lame au bord opposé au tranchant abattu par une retouche abrupte et courbe, qui permettait de la tenir ou de l’emmancher. Les tailleurs produisaient des lames selon des méthodes proches de celles du Paléolithique supérieur, tout en conservant des outils hérités du Moustérien.
Deux sites ont rendu cette culture célèbre. À Arcy-sur-Cure, dans l’Yonne, la grotte du Renne a livré, dans les niveaux châtelperroniens, des restes néandertaliens, des outils en os et des éléments de parure, dont des dents percées. À Saint-Césaire, en Charente-Maritime, un squelette néandertalien a été découvert en 1979 dans une couche attribuée à la même culture. Ces découvertes ont longtemps fait du Châtelperronien l’œuvre des derniers Néandertaliens d’Europe de l’Ouest.
Cette attribution reste pourtant l’un des débats les plus vifs de la discipline. Pour certains chercheurs, les Néandertaliens ont inventé seuls leurs parures et leurs lames. Pour d’autres, ils ont imité des groupes d’Homo sapiens arrivés à proximité. D’autres encore estiment que les couches ont pu être mélangées à Arcy, ce qui fragiliserait l’association entre ossements et objets, voire que les auteurs du Châtelperronien n’étaient pas néandertaliens.
Quelle que soit la réponse, cette culture se place au moment précis où les deux humanités se côtoient en Europe. Elle est donc au cœur des questions sur la disparition de Néandertal et sur ce qu’il a pu échanger avec ses voisins.