Objet en bois de renne muni d'un ou plusieurs trous, courant au Paléolithique supérieur et longtemps appelé « bâton de commandement ». Il servait probablement à redresser les hampes de sagaies plutôt que d'insigne de pouvoir.
Bâton percé
Le nom de « bâton de commandement » remonte au XIXᵉ siècle : les premiers fouilleurs, frappés par ces objets soigneusement décorés, y avaient vu des sceptres réservés à des chefs. L’expression « bâton percé », plus neutre, s’est imposée parce qu’elle décrit l’objet sans lui prêter de fonction. Il s’agit le plus souvent d’un tronçon de bois de renne, pris à l’embranchement d’une ramification, où l’on a creusé une perforation régulière.
On en trouve dès l’Aurignacien, mais ils deviennent particulièrement nombreux et richement ornés au Magdalénien, en France et dans le nord de l’Espagne. Beaucoup portent des gravures de chevaux, de cervidés, de poissons ou de signes, ce qui en fait aussi des pièces majeures de l’art mobilier.
Leur usage reste discuté. L’hypothèse la plus souvent retenue est celle du redresseur : on glisse dans le trou une hampe de sagaie chauffée, et le levier permet de la rendre parfaitement droite. Les usures observées sur certains exemplaires vont dans ce sens. D’autres chercheurs proposent un outil de corderie, servant à torsader des fibres pour fabriquer des cordes, une idée appuyée par des expérimentations récentes. On a aussi évoqué un élément de propulseur ou une pièce de harnachement. Il est probable que des objets de même forme aient servi à des tâches différentes. Le dossier À quoi servaient les bâtons percés fait le point sur ces hypothèses.