Se dit des milieux situés en bordure des glaciers, marqués par un sol souvent gelé et une végétation de type toundra. Les environnements périglaciaires étaient fréquentés par les chasseurs du Paléolithique supérieur.
Périglaciaire
Le terme a été forgé au début du XXe siècle pour décrire les phénomènes liés au gel qui affectent les sols en dehors des glaciers eux-mêmes. Au cœur de ces milieux se trouve le pergélisol, un sous-sol gelé en permanence dont seule la partie superficielle dégèle en été. Ce cycle de gel et de dégel déforme les terrains et laisse des traces durables : fentes de gel remplies de sédiments, sols disposés en polygones, couches plissées par la cryoturbation, coulées de boue appelées solifluxion.
Pendant les phases les plus froides de la dernière glaciation, notamment autour du dernier maximum glaciaire, il y a environ 20 000 ans, la plus grande partie de la France n’était pas couverte de glace, sauf dans les montagnes. Elle était en revanche soumise à un climat périglaciaire. Les vents balayaient les plaines et y déposaient des limons fins, les lœss, qui forment aujourd’hui les sols fertiles du Bassin parisien et du nord de l’Europe.
Ces paysages ouverts, souvent appelés steppe à mammouths, n’ont pas d’équivalent exact aujourd’hui : plus riches en herbes que la toundra actuelle, ils nourrissaient de grands troupeaux. Le mammouth laineux, le rhinocéros laineux, le bison, le cheval, le renne ou le bœuf musqué y vivaient, et les chasseurs du Paléolithique supérieur suivaient leurs déplacements.
Pour les archéologues, ces phénomènes ont un revers : le gel déplace les objets dans le sol et peut mélanger des couches d’époques différentes. Reconnaître ces perturbations est une étape indispensable avant d’interpréter un site. Le dossier sur le climat et les glaciations replace ces milieux dans leur contexte.