Chasséen

Culture du Néolithique moyen répandue en France entre environ 4500 et 3500 avant notre ère, caractérisée par une céramique lisse et carénée. Elle témoigne d'une société agricole bien établie.

Le Chasséen tire son nom du camp de Chassey, un éperon fortifié situé à Chassey-le-Camp, en Saône-et-Loire, où des fouilles anciennes ont livré une abondante céramique de ce type. On l’a ensuite reconnu sur une grande partie de la France, du Bassin parisien au Languedoc et à la Provence, avec des variantes régionales assez marquées pour que l’on parle parfois de plusieurs Chasséens.

Sa poterie est soignée, aux parois fines et polies, souvent sombres. Outre les formes carénées, elle comprend des coupes et des écuelles, et un objet très caractéristique : le vase-support, sorte de petit socle creux décoré de motifs géométriques gravés, dont l’usage exact reste discuté. Ces récipients sont un bon exemple de ce que montre la vie d’une potière du Néolithique : un savoir-faire transmis, reconnaissable d’un village à l’autre.

Les Chasséens cultivaient le blé et l’orge et élevaient bœufs, moutons, chèvres et porcs. Leurs villages occupent aussi bien les plaines que les hauteurs, parfois entourés de fossés et de palissades. Le site de Saint-Michel-du-Touch, près de Toulouse, est connu pour ses nombreuses structures de combustion remplies de galets chauffés.

Cette culture illustre la vigueur des réseaux d’échange néolithiques. Un silex blond du Vaucluse, souvent chauffé pour en faciliter la taille, a circulé sur des centaines de kilomètres, et l’obsidienne de Sardaigne parvenait jusqu’au sud de la France. Le Chasséen appartient au cœur du Néolithique français, avant les cultures plus morcelées du Néolithique récent.

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