Technique de base de la taille de la pierre consistant à frapper un bloc pour en détacher des éclats, soit directement avec un percuteur, soit indirectement par l'intermédiaire d'un chasse-lame. La maîtrise de la percussion conditionne la qualité des outils.
Percussion
La percussion laisse des traces que les archéologues savent lire. À l’endroit où le coup a porté, l’éclat présente un talon, souvent un petit point d’impact, puis un renflement appelé bulbe de percussion, et des ondes concentriques qui se propagent sur sa face inférieure. Ces stigmates permettent de distinguer un éclat volontairement détaché d’une pierre cassée naturellement, ce qui est essentiel pour reconnaître les outils les plus anciens.
Les préhistoriens distinguent plusieurs modes. La percussion directe dure, avec un galet de pierre, est la plus ancienne : elle est déjà employée pour les outils de l’Oldowayen. La percussion directe tendre, avec un percuteur en bois de cervidé, en os ou en bois végétal, donne des éclats plus minces et plus réguliers ; elle se développe dès l’Acheuléen pour amincir les bifaces. La percussion indirecte interpose une pièce intermédiaire, le chasse-lame, entre le percuteur et le bloc, ce qui permet de placer le coup avec une grande précision. Il ne faut pas la confondre avec la pression, autre technique où l’on détache l’éclat en appuyant fortement plutôt qu’en frappant.
Distinguer ces techniques sur des pièces archéologiques n’est pas toujours facile. Les chercheurs s’appuient sur l’expérimentation : des tailleurs actuels reproduisent les gestes avec différents percuteurs et comparent les éclats obtenus aux pièces de fouille. Cette approche a montré combien le choix du percuteur, l’angle du coup et la préparation du bord comptent. Notre dossier une journée avec un tailleur de silex magdalénien raconte ces gestes de l’intérieur.