Meule

Pierre plate sur laquelle on écrasait les grains, les pigments ou d'autres matières à l'aide d'une molette. Les meules se multiplient au Néolithique avec l'essor de la culture des céréales.

La meule préhistorique fonctionne en duo. La meule proprement dite, ou meule « dormante », est une grande pierre posée au sol, souvent en grès ou en granite. La molette, plus petite, est tenue à une ou deux mains et poussée d’avant en arrière : on parle de mouture par va-et-vient. Avec l’usage, la surface de la meule se creuse en cuvette ou en selle, ce qui permet aux archéologues d’estimer son intensité d’utilisation.

Ce geste est bien plus ancien que l’agriculture. Des grains d’amidon retrouvés sur des pierres de broyage en Italie et en Europe centrale montrent que des chasseurs-cueilleurs écrasaient déjà des racines et des graines sauvages il y a environ 30 000 ans. Au Proche-Orient, les Natoufiens utilisaient mortiers et pilons, et c’est dans ce contexte qu’ont été identifiés des restes de pain cuit il y a plus de 14 000 ans, avant les premiers champs (voir notre dossier le pain d’avant les champs).

Au Néolithique, les meules deviennent un équipement de base de chaque maison. Moudre la farine quotidienne demandait des heures de travail, et des études de squelettes suggèrent que cette tâche pouvait laisser des marques sur les articulations. Les particules de pierre mêlées à la farine usaient aussi fortement les dents.

Les meules ne servaient pas qu’aux céréales : on y broyait des pigments, des graines, des fruits secs ou des matières minérales. La meule rotative, beaucoup plus efficace, n’apparaît que bien plus tard, à l’âge du Fer. Pour en savoir plus sur la préparation des aliments, voir cuisiner à la Préhistoire.

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