Verre volcanique noir et tranchant, très recherché pour la fabrication d'outils et d'objets d'apparat. Sa provenance identifiable permet de retracer d'anciens réseaux d'échange sur de longues distances.
Obsidienne
L’obsidienne se forme lorsqu’une lave très riche en silice refroidit si vite que les cristaux n’ont pas le temps de se former : on obtient un verre naturel. Sa cassure est parfaitement lisse, et ses bords peuvent être plus fins qu’une lame de scalpel. Noire le plus souvent, elle peut aussi être grise, verte ou veinée de rouge selon les gisements.
Son grand intérêt pour les archéologues tient à sa composition chimique. Chaque coulée possède une signature propre en éléments présents à l’état de traces. En analysant un éclat retrouvé sur un site, on peut donc identifier le volcan dont il provient, parfois à des centaines de kilomètres. Peu de matériaux permettent de suivre aussi précisément les échanges et réseaux de la préhistoire.
En Méditerranée, les sources sont peu nombreuses et bien connues : les îles de Lipari, de Palmarola et de Pantelleria en Italie, le Monte Arci en Sardaigne, l’île de Milos en mer Égée. La présence d’obsidienne de Milos dans la grotte de Franchthi, sur le continent grec, dès la fin du Paléolithique, prouve que des navigateurs traversaient déjà la mer. Au Néolithique, l’obsidienne de Sardaigne et de Lipari circule jusqu’au sud de la France et dans toute l’Italie.
En Anatolie, les volcans de Cappadoce et de l’est du pays alimentaient les villages du Proche-Orient. À Çatal Höyük, on a même retrouvé des miroirs en obsidienne polie. Bien plus tard, en Amérique centrale, les sociétés précolombiennes en tiraient encore lames, armes et objets rituels.