Arme de chasse ou de pêche à pointe barbelée, taillée dans l'os ou le bois de renne, dont les barbelures retiennent la proie une fois plantée. Les harpons sont caractéristiques de la fin du Paléolithique, notamment du Magdalénien.
Harpon
Le harpon se distingue de la simple pointe par ses barbelures, ces petites dents tournées vers l’arrière qui l’empêchent de ressortir de la chair. Les harpons préhistoriques étaient le plus souvent détachables : la tête, reliée à la hampe ou à une corde par un lien, se séparait à l’impact, et l’animal blessé restait accroché.
En Europe occidentale, ils apparaissent à la fin du Magdalénien, il y a environ 14 000 à 15 000 ans. Ils sont taillés dans le bois de renne, matériau à la fois dur et souple. Les premiers modèles portent un seul rang de barbelures, les plus récents deux rangs. Cette évolution était si nette que l’abbé Breuil s’en est servi pour subdiviser le Magdalénien en phases successives. La base est souvent munie d’un renflement ou d’une perforation pour fixer le lien.
Après la dernière glaciation, quand le renne quitte nos régions, les Aziliens fabriquent des harpons plats en bois de cerf. On en trouve ensuite au Mésolithique, et l’ethnographie en connaît de nombreux exemples, notamment chez les peuples de l’Arctique, qui s’en servaient pour le phoque.
Malgré leur nom, ces objets n’étaient pas forcément réservés à la pêche. Ils ont pu servir à chasser des mammifères, et l’usage exact de chaque type reste discuté. Hors d’Europe, des pointes barbelées en os découvertes à Katanda, en République démocratique du Congo, seraient bien plus anciennes, mais leur datation reste débattue. Voir aussi notre dossier sur la pêche et les ressources de l’eau.