Série de petits enlèvements pratiqués sur le bord d'un éclat ou d'une lame pour l'affûter, le régulariser ou lui donner une forme précise. La retouche transforme un simple support en outil fini.
Retouche
La retouche est ce qui transforme un éclat brut en outil identifiable. Selon la manière dont elle est pratiquée, elle crée un tranchant, un dos émoussé pour poser le doigt, une pointe, une encoche ou une base amincie pour l’emmanchement. Elle s’obtient par percussion légère, au moyen d’un petit galet ou d’un fragment d’os, ou par pression, en appuyant avec une pointe en bois de cervidé. Des os portant de petites cupules et entailles, dits retouchoirs, prouvent que les Néandertaliens employaient déjà ce type d’outil.
Les préhistoriens décrivent les retouches avec précision : leur position, leur étendue et surtout leur inclinaison. La retouche abrupte, presque perpendiculaire, sert à fabriquer les lames et lamelles à dos. La retouche écailleuse et étagée, dite Quina, caractérise certains racloirs épais du Moustérien. La retouche couvrante, plate et envahissante, atteint une finesse exceptionnelle sur les feuilles de laurier du Solutréen.
C’est sur ces différences que reposent les grandes typologies qui ont permis de classer les industries. François Bordes a établi au XXᵉ siècle une liste de types pour le Paléolithique inférieur et moyen, tandis que Denise de Sonneville-Bordes en a proposé une pour le Paléolithique supérieur. Un débat a longtemps opposé les chercheurs : les différents types de racloirs correspondent-ils à des outils voulus, ou à des étapes de réaffûtage d’un même outil, retouché encore et encore jusqu’à épuisement ? Les analyses récentes montrent que les deux interprétations ont chacune leur part de vérité.