Bâton muni d'un crochet qui prolonge le bras du chasseur et démultiplie la force de lancer d'un javelot. Apparu au Paléolithique supérieur, il est parfois orné de sculptures animalières remarquables.
Propulseur
Le principe est celui d’un levier. Le chasseur pose l’arrière de sa sagaie contre le crochet du propulseur, tient l’autre extrémité de l’instrument et lance. Le bras se trouve ainsi allongé, ce qui augmente la vitesse de l’arme au moment où elle part. Les expériences d’archéologie expérimentale montrent un gain net de portée et de puissance par rapport à un jet à la main.
En Europe, les plus anciens propulseurs connus remontent au Solutréen, mais l’objet est surtout caractéristique du Magdalénien. La plupart sont taillés dans le bois de renne. Comme le bois végétal se conserve rarement, il est probable que bien des propulseurs, ailleurs et plus tôt, ont disparu sans laisser de trace.
Certains sont de véritables sculptures. Le crochet prend la forme d’un animal : bouquetin, cheval, mammouth, oiseau. Le plus célèbre est sans doute le propulseur dit « du faon aux oiseaux », trouvé dans la grotte du Mas-d’Azil, en Ariège. On se demande si ces pièces ornées, fragiles par endroits, étaient vraiment utilisées à la chasse ou avaient une valeur de prestige.
L’instrument a été inventé indépendamment dans d’autres régions. Les Aztèques l’appelaient atlatl, les Aborigènes d’Australie emploient encore la woomera, et les peuples de l’Arctique s’en servaient pour la chasse au phoque. L’arc, apparu plus tard en Europe, finira par le remplacer en grande partie. Pour situer cette arme parmi les autres techniques, voir notre dossier la chasse à la Préhistoire.