Technique consistant à inciser une image ou un signe dans une surface dure comme la roche, l'os ou l'ivoire, à l'aide d'un outil pointu. La gravure est l'un des principaux modes d'expression de l'art préhistorique.
Gravure
La gravure est sans doute la plus ancienne forme connue d’expression graphique. Sur l’île de Java, une coquille d’eau douce portant des incisions en zigzag, attribuée à Homo erectus, a été datée d’environ 500 000 ans. En Afrique du Sud, la grotte de Blombos a livré des blocs d’ocre gravés de motifs géométriques vers 75 000 ans, et des coquilles d’œufs d’autruche décorées ont été trouvées sur d’autres sites de la région.
Au Paléolithique supérieur, la gravure devient un art à part entière. Sur les parois, elle est réalisée au silex, d’un trait unique ou repassé, parfois combinée à la peinture. Certaines grottes, comme les Combarelles en Dordogne, sont presque entièrement gravées, et des sites de plein air comme la vallée du Côa, au Portugal, montrent des centaines de figures gravées sur des roches à ciel ouvert. Sur les objets, l’outil favori est le burin, dont le biseau étroit trace des sillons précis dans l’os, l’ivoire, le bois de renne ou les plaquettes de pierre.
Étudier une gravure demande de la patience. Les traits sont souvent fins, superposés et peu visibles : les chercheurs les éclairent en lumière rasante, les photographient sous plusieurs angles et en réalisent des relevés minutieux pour démêler les figures enchevêtrées. L’observation au microscope du fond des sillons révèle l’outil employé, le sens du geste et l’ordre des tracés. Pour une vue d’ensemble, voir le dossier sur l’art préhistorique.